Alliances inattendues : quand l’innovation asiatique rencontre la créativité des vignerons
Certains chefs tirent le vin vers des terres inattendues. Exemple marquant : chez Yam’Tcha à Paris, la chef Adeline Grattard imagine des associations subtiles entre dim sum contemporains, poivre du Sichuan et des vins blancs oxydatifs du Jura. Le cépage savagnin côtoie la langoustine en bouillon thaï, accentuant l’umami du plat sans jamais l’écraser (source : Yam’Tcha, expérience personnelle et Le Monde, 2023).
Autre tendance : le retour de la macération pelliculaire (“orange wine”). Proposés dans des adresses comme Double Dragon ou Gomi, ces vins de macération accompagnent magnifiquement les currys yellow ou les plats au sésame, tant leur volume de bouche épouse les sauces concentrées.
Quand la street food rencontre les bulles : yakitori et champagnes nature
Traditionnellement, la street food asiatique se consomme avec des bières légères. Mais l’essor des brasseries artisanales et la popularité des champagnes au dosage bridé (extra-brut, nature) permet d’aller beaucoup plus loin. Yakitori de poulet sauce teriyaki, gyoza de porc au gingembre, karaage croustillant : ici, le pétillant nettoie le palais, la fraîcheur du vin prolonge la gourmandise. Essayez un crémant du Jura sur des tempura de crevette, ou un champagne extra-brut sur un okonomiyaki japonais : l’effet est immédiat, l’accord s’impose, la conversation se relance autour du verre.
Saké, umeshu, baijiu : sortir du “strictement français” pour mieux accompagner l’Asie
Si l’on évoque le vin, il faut aussi reconnaître l’essor du saké premium et de l’umeshu (liqueur de prune) dans l’accord mets/liquides. Le saké Junmai Ginjo, plutôt sec, se révèle bluffant sur des poissons grillés ou un tofu frit. Son très faible acidité mais un gras en bouche s’accorde là où un vin blanc classique serait “rincé” par la sauce soja.
Le baijiu chinois (distillé à partir de sorgho), quant à lui, s’impose dans les cocktails servis sur la nouvelle cuisine sichuanaise, mais sa complexité reste encore peu domptée par les sommeliers occidentaux (source : Sommeliers International, 2022).