Des études fascinantes : l’influence du bruit sur le goût et les arômes
Pour comprendre, posons quelques jalons. L’étude fondatrice menée par Charles Spence et une équipe internationale en 2011 a examiné l'effet d’un environnement bruyant sur la perception du goût et des arômes d'une même boisson. Résultat révélé dans le “Journal of Food Quality and Preference” :
- Les bruits forts réduisent la perception de la douceur et de la complexité aromatique.
- La perception de l’amertume et du croquant est, au contraire, accentuée dans le bruit.
- La musique douce ou l’ambiance calme favorise la reconnaissance des arômes fruités, floraux, et une meilleure analyse rétronasale du vin.
Selon ce même courant de recherches, ce n’est ni anecdotique, ni rare : de 10 à 15 % de perte de reconnaissance aromatique a été observée lorsque des dégustateurs étaient soumis à un niveau de bruit de fond supérieur à 80 décibels – soit l’équivalent d’une rue animée ou d’un restaurant urbain à l’heure de pointe.
Les dégustations en avion, où le bruit de fond culmine à plus de 85 décibels, illustrent parfaitement ce phénomène. Plusieurs compagnies aériennes ont corrigé leurs sélections de vins en privilégiant des cuvées plus intenses ou plus rondes pour lutter contre l’atténuation aromatique due au bruit (cf. Le Monde, 2016 ; British Airways, étude interne 2014).