Bordeaux : l’empire du médoc à l’assaut de Pékin et Hong Kong
Des volumes et des valeurs record
2012, c’est le millésime du grand « boom asiatique ». Bordeaux, fort de sa masse, de son image mondiale et de ses réseaux commerciaux ancestraux, surclasse tous les autres vignobles français à l’export. Cette année-là :
- 5,32 millions d’hectolitres exportés, l’équivalent de 710 millions de bouteilles.
- La Zone Asie-Pacifique devient le premier client du Bordelais en valeur (44 % du total des ventes à l’export), avec une envolée spectaculaire de la Chine continentale et de Hong Kong.
- Les valeurs moyennes s’envolent grâce à la part grandissante des Grands Crus Classés dans le mix export.
En Chine seule, Bordeaux réalise 549 millions d’euros (1er fournisseur étranger), tandis que Hong Kong affiche 204 millions d’euros, avec une progression de près de 20 % par rapport à 2011 (CIVB, La Revue du Vin de France).
Le phénomène « primeurs » et la spéculation
L'année 2012 est aussi marquée par la flambée autour des ventes en « primeurs ». Les investisseurs étrangers, notamment asiatiques, voient dans les grands Bordeaux non seulement un plaisir gustatif, mais aussi une valeur refuge et un actif spéculatif. Les châteaux comme Lafite Rothschild, Mouton Rothschild ou Latour sont omniprésents dans les circuits internationaux de la revente.
- Londres, Hong Kong et Singapour deviennent des places fortes du négoce de Grands Crus.
- Plusieurs caisses de Bordeaux s’envolent à des prix records lors des ventes aux enchères, transformant le vin en produit financier.
Cette appétence a quelques revers : dans certains segments, l’explosion des prix entraîne une raréfaction de l’offre pour les clients historiques (notamment européens). Le Bordelais doit alors composer avec une double clientèle, entre nouveaux amateurs fortunés et marchés traditionnels exigeants.
Une diversification géographique malgré tout
Outre l’Asie, Bordeaux demeure incontournable au Royaume-Uni (2e marché, 260 millions d’euros), en Allemagne, en Belgique, aux États-Unis (4e marché, 168 millions d’euros, stable malgré la concurrence intérieure). Mais, pour la première fois, le centre de gravité des ventes bordelaises bascule franchement vers l’Est. Ce phénomène dépasse le pur effet de mode : il modifie durablement la géographie mondiale des amateurs de Bordeaux.