Des anecdotes de terrain : l’inox dans le tourbillon des révolutions œnologiques
Un vigneron ligérien me racontait qu’à sa première cuvée en inox sur un Pineau d’Aunis, il redécouvrit la dimension poivrée et florale du cépage, jusque-là masquée par un léger goût de cave humide transmis par ses anciennes cuves béton. À l’opposé, une vigneronne bourguignonne confiait qu’après dix ans d’inox, elle avait choisi de revenir partiellement au fût pour ses Chardonnays, recherchant « un supplément d’âme », une structure plus ample. L’inox n’est ni meilleur, ni moins bon : il est un révélateur exigeant, qui ne pardonne ni l’approximation, ni le manque de précision.
Au sortir des vendanges 2022, certains domaines australiens, face à des épisodes de chaleur intense, ont pu sauver des cuvées entières de la perte aromatique ou de la déviation grâce à l’inox et la thermorégulation. Là où, années auparavant, l’imprécision aurait coûté cher en perte de qualité ou de rendement, l’inox a offert une sécurité appréciable dans une viticulture désormais soumise aux aléas du climat.