Le terroir comme argument marketing : authenticité et différenciation
À l’heure de la mondialisation et des vins de marque, le message du terroir n’a jamais été aussi stratégique. Il permet au vin de se départir du simple branding pour incarner un lieu, un héritage, et s’opposer à la standardisation.
Pour répondre à un consommateur en quête de sens
Selon une étude Wine Intelligence (2023), 62 % des consommateurs de vin français déclarent que « l’origine et l’histoire » les influencent dans leurs achats, loin devant la notoriété de la marque. Aux États-Unis, les vins dotés d’une indication géographique ou d’un storytelling autour du terroir réalisent en moyenne 13 % de ventes supplémentaires (source : NielsenIQ, 2022).
- Storytelling : La technicité s’efface au profit de la narration : « Sur ces coteaux battus par les vents, nos Syrah puisent leur finesse… »
- Rareté et prestige : L’ancrage géographique sert souvent à justifier un positionnement premium : Châteauneuf-du-Pape, Champagne Grand Cru, Napa Valley Single Vineyard…
Le terroir devient ainsi un outil de segmentation, de valorisation, voire de défense contre la « banalisation mondiale du goût » (selon Le Monde).
Quand le marketing s’approprie (parfois) la notion… au risque de la galvauder
Toutefois, cette utilisation massive du terroir dans la communication n’est pas sans dérive. Des vins industriels n’hésitent pas à user et abuser du mot pour vendre une « histoire », parfois déconnectée de toute réalité agricole. En 2018, une enquête menée par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) a révélé que près de 5 % des vins contrôlés en France revendiquaient à tort une appellation, profitant ainsi indûment de la notion de terroir (DGCCRF).
D’où l’importance des certifications, des cahiers des charges et du contrôle : le terroir, pour rester crédible, requiert transparence et traçabilité.